La chute du Mur de Berlin, vous vous souvenez ? L’une des leçons que l’on peut tirer de cet épisode est que les changements peuvent être brusques, surtout lorsqu’ils ont été retardés pendant très longtemps. Ainsi de Taïwan : le pas lent de la démocratisation s’est soudain accéléré avec la levée de la loi martiale en 1987 — un événement capital pour les défenseurs de la liberté d’expression. Le 1er janvier 1988, les restrictions qui pesaient sur la création de nouveaux titres de presse ont été supprimées, et deux ans plus tard, c’est la législation concernant les émissions télévisées qui était assouplie pour permettre aux opérateurs privés de télévision par câble et satellite de fonctionner en toute légalité. Les télévisions câblées « clandestines » ont obtenu une licence d’exploitation et de nouvelles fréquences radio AM et FM ont été ouvertes. L’information pouvait enfin circuler librement. Plus récemment, en juillet dernier, le Conseil des Grands Juges s’est livré à une nouvelle interprétation de la Loi de la diffamation, protégeant les journalistes qui peuvent apporter des éléments confortant leur thèse. (Il faut cependant rappeler que la diffamation reste à Taïwan un crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement.)
Aujourd’hui, la presse est ici aussi libre qu’elle peut l’être dans un pays démocratique. L’avènement des nouvelles technologies, en particulier celles liées à Internet, a déclenché une avalanche d’informations au cœur du foyer du Taïwanais moyen. Mais Internet entre-t-il en concurrence avec les sources d’information traditionnelles ou les complète-t-il ? Il est encore trop tôt pour le dire, quoique les divers médias essaient chacun de « plier » la Toile à ses propres objectifs. On aurait tord de s’en étonner : Internet compte actuellement quelque 4 millions d’abonnés à Taïwan, pour une population de bientôt 23 millions d’habitants, et le nombre d’internautes progresse rapidement.
Révolutions technologiques, prospérité croissante et libéralisation politique : c’est ce cocktail détonnant qui a permis la transformation stupéfiante des médias taïwanais. Malgré cette effervescence, certains signes laissent deviner les affres dans lesquels sont plongés les acteurs du secteur, tandis qu’ils s’efforcent de remplir leurs quatre missions premières : informer, analyser, distraire et jouer le rôle de contre-pouvoir. Alors, journaux et magazines sur papier sont-ils bons pour la poubelle de l’histoire ?
Il semble, pour paraphraser l’écrivain américain Mark Twain, que la nouvelle de leur disparition soit quelque peu exagérée. David Lu, président de Kimo Corp. — le plus important portail insulaire, une sorte de sosie local de Yahoo ! [qui l’a d’ailleurs racheté courant novembre] — se dit persuadé que les médias taïwanais sauront trouver les meilleures applications aux nouvelles technologies, Internet en particulier, pour maintenir et même augmenter leurs parts de marché respectives. « Il y a trois ans, les médias taïwanais hésitaient encore à mettre le contenu de leurs informations sur Internet, mais maintenant c’est devenu leur meilleure arme. Il s’agit ici d’une relation de partenariat, pas de compétition. » David Lu ne sous-estime pas l’impact d’Internet, qui donne accès à une information instantanée et interactive, d’une façon efficace et différente. Le rôle des sociétés telles que Kimo en revanche est de « fournir aux clients un service de qualité, pour leur apporter l’information en direct grâce à une coopération avec les autres médias. »
Selon des statistiques préparées par Kimo, le nombre de personnes accédant chaque jour à la page d’accueil de kimo.com serait passé de 50 000 à l’ouverture du site en août 1997 à 4,91 millions aujourd’hui. En outre, près de 26 millions d’utilisateurs passeraient quotidiennement sur l’un ou l’autre point du site. De tels chiffres ne peuvent que convaincre les médias traditionnels de la nécessité de rattraper le train en marche. La réelle menace pour les journaux traditionnels tient à la facilité avec laquelle Internet fait circuler l’information. Sur le réseau, pas de camionneurs syndiqués en sureffectifs attendant sur le parking de l’imprimerie leur cargaison de pesantes piles de journaux et de magazines…
M. Lu compare la vieille industrie de la presse à une « aristocratie du savoir » exerçant un contrôle rigide sur les réseaux de communication, absorbant des capitaux massifs et réservant le succès à long terme aux rares privilégiés qui parviennent à tenir le coup et à se tailler une réputation. Or Internet permet à n’importe qui d’obtenir l’information qu’il cherche pour peu qu’il ait une souris à portée de main. « Il ne s’agit rien moins que d’une redistribution des rôles. Nous jouons maintenant le rôle de distributeurs d’informations, de crieurs de journaux si vous préférez. » David Lu est toutefois prêt à rendre à cette « aristocratie du savoir » ce qui lui appartient : en proposant des reportages analytiques, détaillés et bien documentés, la presse traditionnelle fournit des produits de grande qualité qu’il sera difficile aux médias électroniques de remplacer. « Pour les analyses, les gens préfèrent encore les journaux et les magazines », concède le président de Kimo.
Comment les « barons » de la presse taïwanaise voient-ils le défi ? Grace Chin est directrice du magazine CommonWealth, l’un des grands titres de la presse taïwanaise, qui met en ligne une grande part de son sommaire. Comme David Lu, Grace Chin reconnaît qu’il est essentiel pour la presse de faire siennes les nouvelles technologies si elle veut garder son influence sur la société. Elle pense toutefois qu’il est encore trop tôt pour juger de l’impact d’Internet sur la presse traditionnelle. « Il y a tout simplement trop d’informations sur la Toile. Les gens ont besoin d’un filtre de confiance qui leur propose des reportages de qualité et leur permette de gagner du temps, et cela restera vrai à l’avenir. »
Internet, explique Mme Chin, décompose le système de filtrage et transfère une partie de la responsabilité de la sélection du contenu à l’internaute — alors que celui-ci n’a pas toujours la possibilité de faire cette sélection. « Sur notre site, nous essayons de fournir de "véritables" informations sur la base de ce que les consommateurs veulent savoir, plutôt qu’un fatras d’informations désordonnées. » Autrement dit, les internautes procèdent à quelques décisions initiales concernant le contenu recherché, et le travail du site est de réagir à ces choix.
« Nous sommes des fournisseurs d’informations maintenant, dit Grace Chin, pas des raconteurs d’histoires actifs. Environ 60 000 personnes se sont abonnées à notre site, et nous estimons que ces chiffres croissent au rythme de 4 500 par mois. Les lecteurs peuvent télécharger les articles qui les intéressent, nous faire part de leurs réactions et même participer à des débats en ligne s’ils le souhaitent. » Des chiffres impressionnants, certes, mais CommonWealth se garde de dévoiler le nombre d’internautes qui choisissent de s’abonner au magazine papier après avoir visité son site.
« Internet est en fait un outil très utile, qui permet aux médias traditionnels de mieux servir leurs lecteurs », admet Lu Shih-hsiang, vice-président et éditorialiste du Economic Daily News. L’important, dit-il, est d’améliorer constamment la qualité des informations, au lieu de les diluer pour les ramener au plus petit dénominateur commun. « Ce n’est pas parce que la concurrence est intense et qu’on se précipite pour répondre aux demandes d’informations instantanées qu’il faut fournir des informations de mauvaise qualité. » Comme Grace Chin, Lu Shih-hsiang pense que dans une société qui souffre d’une indigestion d’informations, « les gens seront toujours à la recherche de la qualité. »
La concurrence à laquelle se livrent les trois quotidiens de langue anglaise locaux — The China Post, Taiwan News et Taipei Times — offre un exemple intéressant de l’avantage concurrentiel que peut représenter le fait d’avoir un site électronique. Seul l’un d’entre eux (Taipei Times) a pour l’instant ouvert un site [NDLR : le site du China Post est en construction]. Le détail a son importance parce que ces quotidiens remplissent une mission double : en plus de répondre aux besoins d’une communauté expatriée en pleine croissance, ils servent de méthode complémentaire d’apprentissage de l’anglais pour des légions d’étudiants. « A l’avenir, les deux compétences de base du bon journaliste seront Internet et l’anglais, présage Sung Ting-yi, étudiante de 3e cycle en journalisme à l’Université nationale Chengchi (NCCU). La lecture des journaux anglais est une part essentielle de ma routine. » Le supplément linguistique du Taipei Times n’est peut-être pas le meilleur du lot, mais il a l’avantage d’être accessible au plus grand nombre.
Les pouvoirs publics ont à cœur d’encourager l’expansion du nouveau média électronique. Dès 1995, avec le Plan APROC (Asia-Pacific Regional Operations Center), Taïwan s’était embarquée dans un programme de développement ambitieux, en se donnant pour objectif de devenir le pivot économique de la région dans six grands secteurs d’activités, dont les médias. Dans cette logique, la Loi de la télévision câblée de 1993 a été révisée en 1999, et rebaptisée Loi du câble, de la radio et de la télévision. La nouvelle loi, qui a permis la libéralisation des investissements étrangers dans le secteur et le démantèlement des monopoles, offre par ailleurs une meilleure protection aux abonnés du câble.
La Loi des émissions par satellite, promulguée en 1999 elle aussi, définit un cadre légal pour la réception et la retransmission des signaux reçus via le câble ou une antenne satellite. Cette loi avait pour but d’introduire un certain contrôle de la programmation, mais elle a surtout autorisé les transmissions directes par satellite, ce qui a réduit la dépendance de l’île envers les opérateurs du câble.

Les transmissions directes par satellite ont été légalisées en 1999, ce qui allège la dépendance de l’île envers le réseau câblé.
Au moins les téléspectateurs taïwanais ont-ils déjà pu faire l’expérience de la multiplicité de choix qui caractérise Internet. En octobre 1999, pas moins de 62 opérateurs proposaient aux spectateurs un total de 109 chaînes de télévision retransmises par satellite, pour beaucoup des étrangères telles la japonaise NHK ou les américaines CNN et Disney Channel. Les conglomérats du secteur local des médias, tels que Eastern Multimedia Group et Chinese Television Network, contrôlent de nombreuses chaînes par satellite spécialisées, à quoi s’ajoute Public Television Service, un réseau non commercial qui depuis juillet 1998 propose des programmes spécialement conçus pour divers groupes minoritaires ou bien pour le grand public.
Depuis la première Conférence nationale sur la radio et la télévision, en novembre 1998, le gouvernement encourage le développement de la télévision numérique. A en croire la presse locale, la retransmission sur Internet des émissions télévisées sur un réseau à haut débit pourrait devenir une réalité à la fin de cette année. D’autre part, selon l’office d’Information du gouvernement (GIO), on recensait 118 fréquences radio en octobre 1999, contre 33 seulement en 1993.
Quel intérêt trouve la population à avoir tant d’information à portée de main — ou de souris ? Grace Chin reconnaît volontiers que l’arène des médias est à Taïwan surchargée. Dans cette petite île de moins de 23 millions d’habitants, on dénombre 140 sociétés de télévision câblée, 433 journaux et environ 5 700 magazines. Et face à une telle concurrence, la tentation est toujours de rendre l’information attrayante, si besoin au détriment de la qualité. « Est-ce vraiment nécessaire d’avoir tant d’émissions de télévision ou de radio prenant les appels du public, qui s’exprime pendant des heures sur des sujets qui n’intéressent personne ? Avons-nous vraiment besoin de tant de chaînes de télévision diffusant 24h sur 24 ? »
Une vision des choses largement partagée. « Question qualité, nous faisons plutôt marche arrière, dit par exemple Lu Shih-hsiang. Personne ne s’offusque du fait que les médias ne soient pas surveillés, parce que tout le monde veut les plier à ses propres objectifs. La société dans son ensemble n’apprécie ni ne souhaite réellement la conséquence de la libéralisation des médias, à savoir que la "vérité" est à Taïwan aussi sujette à caution aujourd’hui qu’elle l’a toujours été. »
Comment expliquer l’incapacité de la presse à se doter d’une éthique professionnelle ? L’éditorialiste fait tout d’abord remarquer que de nos jours, les journaux télévisés semblent receler de moins en moins d’informations intéressant véritablement le public. Deuxièmement, poursuit-il, les journalistes « produisent » de l’information comme de vulgaires articles de consommation. Troisièmement, les journalistes essaient de se faire passer pour des experts. Quatrièmement, ils sont devenus partie intégrante de l’événement qu’ils relatent, et se prennent pour des stars de la télé. « Qu’est-il advenu du professionnalisme des journalistes ? », se demande Lu Shih-hsiang.
On peut voir les choses d’une autre façon : si les choses empirent, le public aura toujours la possibilité de faire une sélection. « Aujourd’hui, l’important est d’apprendre à analyser les informations et à laisser de côté les données non vérifiées, dit le professeur Chen Pai-ling, du département de journalisme de NCCU. M. Chen est de l’avis que les informations en ligne ne décourageront pas les gens de lire la presse imprimée, tant que celle-ci continuera à produire des reportages de qualité, mais il souligne que les lecteurs doivent apprendre à considérer les informations qui leur sont fournies avec un esprit critique.
Grace Chin quant à elle se prononce en faveur d’une attitude plus interventionniste de la part des pouvoirs publics, qui devraient, dit-elle, exercer davantage leur droit de supervision des médias pour combattre cette baisse de qualité. Elle souhaite également voir les organismes tels que le Conseil national de la presse s’impliquer un peu plus dans la surveillance des informations diffusées. « Les médias doivent être étroitement supervisés », n’hésite pas à dire la directrice de CommonWealth.

Les médias en ligne doivent-ils prendre la responsabilité de trier les informations qu’ils fournissent, ou les utilisateurs doivent-ils se montrer plus sélectifs avant de télécharger ? A moins qu’il ne s’agisse d’un cercle vicieux…
Dans le cas des chaînes de télévision publiques, il y a beaucoup à dire en faveur de cette approche. Une enquête réalisée par CommonWealth révélait récemment que les bénéfices de Taïwan Enterprise Television (TTV) ont chuté de 11% en 1999 par rapport à l’année précédente, ceux de China Television Company (CTV) de 9% et ceux de Chinese Television System (CTS) de 5%. « Cela ne me surprend pas le moins du monde, dit l’étudiante en journalisme Sung Ting-yi. Personne ne veut regarder les émissions des chaînes publiques, elles sont affreusement mauvaises. »
Jusqu’à quel point les partis politiques ou autres groupes d’intérêt peuvent-ils exercer leur influence sur la presse dans la « nouvelle ère de l’information » ? Sous le règne du Kuomintang, les chaînes publiques étaient soumises à de complexes jeux d’influences politiques qui avaient inévitablement des conséquences sur la qualité des émissions, une habitude pernicieuse largement condamnée par l’opinion publique.
Jaw Shau-kong, le président de l’influente radio UFO, et ancien député au Yuan législatif, appelle le gouvernement à honorer rapidement les promesses électorales du président Chen Shui-bian, qui avait fait le serment lorsqu’il était encore en campagne d’éradiquer toute influence politique dans le service public. Pour ce faire, M. Jaw ne suggère pas moins que de privatiser toutes les chaînes de télévision du service public.
Effectivement, plusieurs personnes n’appartenant pas à la fonction publique ont été embauchés récemment lors d’un remaniement de personnel chez CTS, et on s’attend à l’arrivée d’une vague supplémentaire de personnes recrutées dans le privé chez TTV également. Cela dit, les nouvelles recrues sont pratiquement toutes connues pour leurs liens avec le Parti démocrate-progressiste.
Pour Ku Ling-ling, qui est professeur de journalisme à l’Université nationale de Taïwan, en nommant de soi-disant « professionnels » à la tête des chaînes de télévision et de radio publiques, le gouvernement cherche simplement à détourner l’attention. « L’attitude du nouveau gouvernement n’est pas très différente de celle du précédent », commente-t-elle. Chen Pai-ling, quant à lui, estime que la pression de l’opinion publique obligerait la nouvelle équipe gouvernementale à respecter la lettre autant que l’esprit des engagements du président élu. Quant à Lu Shih-hsiang, il est de l’avis que les affinités politiques des cadres dirigeants n’ont pas d’importance tant qu’ils peuvent justifier d’une réelle compétence professionnelle.
Le débat reste ouvert. Notons que lors d’une récente session parlementaire, Chung Chin, qui était alors directrice générale du GIO, a déclaré que le gouvernement achèverait aussi vite que possible l’examen du projet de dépolitisation des télévisions du secteur public. Mme Chung a ajouté que le pouvoir n’avait nullement l’intention de s’immiscer dans le processus de nomination des directeurs de CTS, CTV et TTV.
Une chose est sûre en tout cas : le monde du journalisme va évoluer. Quels changements les journalistes doivent-ils entreprendre s’ils veulent conserver leur place dans ce nouveau monde ? En particulier, comment leur formation doit-elle être modifiée ?
Si le secteur des médias a été libéralisé au cours des vingt dernières années, explique Lu Shih-hsiang, « la qualité des informations et des autres émissions télévisées est en réalité en déclin. Mais le public veut-il vraiment savoir la vérité ? Nous n’avons pas encore de véritable forum pour débattre des questions de société, et la presse n’a toujours pas d’éthique professionnelle. »
Comment faire pour que les choses s’améliorent ? Chen Pai-lin pense que la priorité consiste à inculquer aux journalistes une idée plus élevée de leur mission. En particulier, bien que les nouvelles technologies aient beaucoup fait pour faciliter le travail des médias, les considérations éthiques doivent garder la priorité. « Il est important de savoir se servir d’un ordinateur, bien sûr, mais une école de journalisme ne doit pas être seulement un endroit où les étudiants suivent une formation technique. Pour analyser les débats de société correctement, les apprentis journalistes doivent apprendre à penser et à juger les événements à la lumière de leur expérience personnelle. »
Se sentant apparemment plus concernés par les nouveaux enjeux technologiques que par la dimension humaine du métier de journaliste, les étudiants ne partagent pas forcément l’opinion du professeur. « Cela fait longtemps que les enseignants de NCCU connaissent la direction prise par Internet, assène Sung Ting-yi, mais leurs cours n’ont pas évolué assez rapidement. En fait, certains professeurs refusent catégoriquement de faire évoluer leurs méthodes pédagogiques. » Lu Shih-hsiang, qui enseignait autrefois à l’Institut supérieur de journalisme de l’Université nationale de Taïwan, suggère de renforcer l’interaction entre les départements de journalisme et le monde de la presse. « De cette façon, les étudiants pourraient acquérir une meilleure expérience du monde réel. » Le conseil est peut-être superflu, dans la mesure où la plupart des étudiants en journalisme ont l’obligation d’effectuer un stage en entreprise qui compte dans l’évaluation finale de leurs performances universitaires.
« Grâce à Internet, tout le monde peut avoir accès à l’information gratuitement maintenant, rappelle David Lu. La presse ne peut plus espérer bénéficier de ses vieux privilèges, c’est un changement radical. » Les médias traditionnels ont clairement fait comprendre qu’ils n’avaient pas l’intention d’abandonner la partie sans combat. Tant qu’ils restent présents, les vieux débats sur la liberté de la presse, la qualité de l’information et le contrôle des chaînes de télévision continueront. « Pour ma part, dit Lu Shih-hsiang, je ne suis pas très optimiste. » Quant à Chen Pai-ling, il pense tenir la réponse à toutes les questions : la pression de l’opinion publique. « C’est la meilleure arme que nous ayons dans notre combat pour mettre de l’ordre dans tout cela. »